Domaine Pithon-Paillé (Jo Pithon) Savennières 2009

Coordonnées

Nom
Jo, Jules, Tania Pithon et Isabelle Paillé Pithon-Paillé S.A.R.L. Vigneron - Adresse: - | 19, rue Saint-Vincent 49750 Saint-Lambert-du-Lattay Vigneron - Photo: - /wp-content/uploads/2016/11/60.jpg
Téléphone
+33 2 41 78 68 74
Courriel
contact@pithon-paille.com
Site
www.pithon-paille.com

L’appellation :

L’A.O.C. Savennières (1) est implantée dans l’ouest du vignoble de l’Anjou (2), à l’est du Massif Armoricain, sur la rive droite de la Loire, à une quinzaine de kilomètres en aval d’Angers et se circonscrit à trois communes du département de Maine-et-Loire : Savennières, La Possonnière et Bouchemaine (3).

Justement : le plus vieux cépage connu en Anjou est le chenin dont il est fait mention dès le XI° siècle à Bouchemaine.

L’aire d’appellation s’étend sur 350 hectares. En 2016, 160 hectares étaient en production, pour seulement 70 lors de la création de l’A.O.C.

Celle-ci se caractérise par un ensemble de coteaux orientés sud – sud-est, exposés au midi, implantés perpendiculairement au fleuve, qui le surplombe sur une largeur variant de 500 à 1.500 mètres pour une longueur d’environ 6 kilomètres.

Savennières repose essentiellement sur des formations schisteuses et schisto-gréseuses, avec localement des filons volcaniques magmatiques (4) outre des sables éoliens. Le sol s’avère de faible profondeur, caillouteux et donc peu fertile.

Au milieu du climat océanique, le fleuve ligérien joue un rôle prépondérant de thermorégulateur des paramètres climatiques. Les vents par lui canalisés entraînent une dessiccation des baies. D’autre part, il joue également un rôle important en favorisant, au cours de la période des vendanges, l’apparition de brumes matinales ensuite dissipées par le soleil, essentielles pour le développement de la pourriture noble. Ainsi s’élaborent des vins à partir de baies récoltées après concentration par passerillage sur souche ou atteintes de pourriture noble (botrytis cinerea).

Aussi, historiquement, Savennières fournit des vins de type demi-sec à doux. Cependant, le vignoble est désormais réputé pour ses vins blancs secs.

L’appellation a en effet connu une sensible modification de sa production, laquelle a néanmoins toujours été réservée aux seuls vins blancs tranquilles élaborés exclusivement à base de chenin blanc (5).

Le décret du 8 décembre 1952 qui crée l’A.O.C. définissait principalement des vins avec des sucres fermentescibles (6). En effet, selon le lieu d’implantation, la conduite de la vigne et les conditions climatiques du millésime, les vins présentaient traditionnellement plus ou moins tels sucres.

L’inversion des tendances se manifeste dans les années 1970 : le décret a évolué vers la définition de vins secs avec la possibilité de produire des vins avec des sucres fermentescibles. En d’autres termes, les vins sont le plus souvent secs. Ils peuvent cependant parfois présenter tels sucres (7).

Sur ce point, quelques développements plus techniques sont nécessaires.

La richesse minimale en sucre des raisins est de 186 grammes par litre de moût pour les vins secs, et de 212 grammes pour les autres vins.

Les vins secs présentent, après fermentation, une teneur en sucres fermentescibles inférieure ou égale à 4 grammes par litre. Pour les demi-secs, elle est supérieur à 4 mais ne dépasse pas 12. En ce qui concerne les moelleux, elle est supérieur à 12 mais ne dépasse pas 45. Enfin, pour les doux, elle est d’au moins 45 grammes.

A noter que l’enrichissement des vins secs est autorisé. A l’opposé, toute opération d’enrichissement est interdite pour les autres vins.

La récolte s’opère par sélection de grappes sur pied, y compris pour la production des vins secs. Aussi, l’utilisation de la machine à vendanger est-elle interdite (8).

On en terminera avec les rendements, lesquels se détaillent comme suit :

  • vin sec et demi-sec : 50 hectolitres par hectare,
  • autres vins : 35 hectolitres par hectare.

Le domaine :

Indéniablement, le domaine présente désormais une vocation exclusivement familiale.

Le père de Jo Pithon est instituteur, son grand-père maternel vigneron. Jo Pithon est arrivé néanmoins plus ou moins par hasard dans le domaine viticole.

En 1978, il s’installe en tant que vigneron à 22 ans. 1990 est l’année de sa rencontre avec Isabelle Paillé. 2008 : le domaine Jo Pithon n’existe plus, avec, corrélativement, la création du domaine Pithon-Paillé (9). A cette occasion se sont associés Jo Pithon, Isabelle Paillé, Joseph Paillé (10) et Wendy Wilson (11). Début 2015, Joseph et Wendy cèdent leurs places à Jules (12) et Tania Pithon (13).

Arrivé plus ou moins par hasard dans le domaine viticole, c’est en autodidacte, le verre à la main, que Jo Pithon s’est formé. Aussi, pour parfaire sa connaissance, a-t-il voyagé un peu partout dans le monde (Suisse, Etats-Unis…) mais bien sûr d’abord en Loire (sans oublier la Côte Rôtie, la Bourgogne…).

La cuvée :

Le Savennières 2009 (14)(15) est produit à partir de vignes de 30 ans sur terroir de schistes dans les hauts de la commune éponyme.

Elles sont conduites en agriculture biologique (Qualité France – FR-BIO-10)(16).

Les vendanges s’opèrent manuellement, en caissette.

L’élevage se prolonge sur 10 mois en barriques de 3 à 5 ans, sauf 20 % neuves.

Le rendement est réduit à 30 hectolitres/hectare pour une production de 7.000 bouteilles.

Quant aux sucres, ils sont calculés à 0,10 gramme par litre, ce qui classe ce vin comme étant sec.

La robe est soutenue. Le nez évolue constamment : pomme (surmûrie), noisette, anis, cerfeuil, avec un aspect fumé… En comparaison, le palais apparaît sur la réserve : sec, en lame de rasoir. La longue finale commence par titiller les papilles, évoluant vers une belle acidité évoquant la minéralité. Le tout sous-tendu par une pointe d’oxydation et des notes salines.

Déjà à maturité, il évoluera encore 3 à 5 ans.

Pour profiter pleinement de ce vin, deux conseils. D’une part, il vous suffira de le rafraîchir. D’autre part, il appelle indubitablement un repas, de la volaille par exemple : aussi, je suggère un pintadeau aux mandarines.


  1. Les lieux-dits Coulée de Serrant et Roche aux Moines, tous deux sur la commune de Savennières, ne sont plus de simples dénominations géographiques. Par décret en 2011, elles deviennent des A.O.C. (Savennières Coulée de Serrant et Savennières Roche aux Moines) à part entière avec leur cahier des charges spécifique.

  2. Plus précisément l’Anjou noir, celui des schistes.

  3. Essentiellement sur Savennières, avec quelques parcelles sur Bouchemaine à l’est et sur la Possonnière à l’ouest.

  4. Roches de type rhyolites et spilites.

  5. Appelé localement pineau de la Loire.

  6. Le moût contenant au minimum et avant tout enrichissement 212 grammes de sucre naturel par litre.

  7. Les vins sont obligatoirement présentés sur l’étiquette avec les mentions demi-sec, moelleux ou doux. Si aucune de ces mentions n’est reprise, le vin est sec.

  8. La législation a toujours prévu peu ou prou la récolte par tries successives. Particularité, le décret du 5 décembre 1996 stipulait qu’une vendange mécanique n’était possible qu’après un premier passage de vendange manuelle. Depuis 2009, l’utilisation de la machine à vendanger est interdite.

  9. Depuis 2008, seuls les vins Pithon-Paillé sont signés par Jo Pithon.

  10. Fils d’Isabelle Paillé et beau-fils de Jo Pithon.

  11. Sommelière d’originaire d’Afrique du Sud devenue l’épouse de Joseph Paillé.

  12. Fils d’Isabelle Paillé et Jo Pithon.

  13. Québécoise sommelière de formation, elle est venue pour des vendanges dans le Roussillon au domaine Olivier Pithon, frère de Jo Pithon. Elle y a rencontré Jules Pithon.

  14. A ne pas confondre avec d’autres cuvées de Savennières du domaine Pithon-Paillé que sont ‘Clos Pirou’ et ‘Schistes’.

  15. Alcool : 13.30° calculé. Affiché : 13°.

  16. http://www.qualite-france.com