Philippe Delmée « la Grosse Nadine » vin de France blanc liquoreux 2011

Coordonnées

Nom
Philippe Delmée
Adresse
2, rue Saint-Louis (Faveraye-le Bourg) 49380 Faveraye-Machelles
Mobile
+ 33 (0) 6 15 37 22 85
Courriel
gaecleslarides@gmail.com

Qu’en est-il de l’Appellation d’Origine Contrôlée Coteaux du Layon ? De manière extrêmement succinte, ce vignoble angevin est implanté sur les versants de coteaux le long du Layon, rivière d’orientation sud-ouest/nord-est en amont, puis d’orientation nord-ouest jusqu’à sa confluence avec la Loire.

Elle s’étend sur le territoire de 27 communes du département de Maine-et-Loire (1), réparties sur les rives droite et gauche.

L’A.O.C., initialement reconnue en 1950, est réservée aux vins blancs tranquilles issus du seul cépage chenin (2).

Pour ne parler que de la seule Appellation d’Origine Protégée « de base » (3), les vins doivent présenter, après fermentation, une teneur en sucres supérieure ou égale à 34 grammes par litre. Autant dire que la surmaturité, la richesse en sucre (concentrée ou non par la pourriture noble) fait partie intégrante de la récolte.

Quant au taux d’alcool minimum, il est de l’ordre - selon le cas - de 10 à 11%.

Mais qu’est-ce qu’une A.O.C. ?

Le législateur européen a actuellement adopté une double distinction :

  • les vins sans indication géographique (V.S.I.G.),
  • les vins avec indication géographique.

Seule cette dernière catégorie connaît une double distinction :

  • l’Appellation d’Origine Protégée (A.O.P./A.O.C.),
  • l’Indication Géographique Protégée (I.G.P.).

Dans l’esprit du législateur européen, « (…) le concept de vin de qualité se fonde, entre autres, sur les spécificités attribuables à l’origine géographique du vin. Ce type de vin est identifié à l’intention du consommateur au moyen d’appellations d’origine protégées et d’indications géographiques protégées… » (4).

A.O.P. et I.G.P. ont donc en commun d’être des noms géographiques désignant un produit viticole originaire du lieu géographique concerné.

Leur différence réside dans un degré d’exigence plus élevé quant au lien entre le vin et le terroir d’une indication géographique (5).

« (…) On entend par (…) “appellation d’origine” le nom d’une région, d’un lieu déterminé ou, dans des cas exceptionnels, d’un pays, qui sert à désigner un produit (…) dont la qualité et les caractéristiques sont dues essentiellement ou exclusivement à un milieu géographique particulier et aux facteurs naturels et humains qui lui sont inhérents »

Quant à l’ « (…) “indication géographique” (c’est une) une indication renvoyant à une région, à un lieu déterminé ou, dans des cas exceptionnels, à un pays, qui sert à désigner un produit (…) possédant une qualité, une réputation ou d’autres caractéristiques particulières attribuables à cette origine géographique ».

Aussi, pour l’A.O.P., le lien est-il nécessairement “objectif” entre le produit et le terroir (qualité et caractéristiques), alors qu’en ce qui concerne l’I.G.P., le lien peut être simplement “subjectif” (réputation) voire indifférencié (autres caractéristiques particulières).

Dès lors qu’aux yeux de l’Europe (6), il « (…) importe (…) de définir les éléments justifiant le lien entre les caractéristiques de la zone géographique et leur influence sur le produit final », il convenait que cet aspect soit clairement repris dans les cahiers des charges des vins avec indication géographique (7).

« Les éléments qui corroborent le lien géographique (…) expliquent dans quelle mesure les caractéristiques de la zone géographique délimitée influent sur le produit final.

(…) Pour une appellation d’origine, le cahier des charges contient (…) des informations détaillées sur la zone géographique, notam­ment les facteurs naturels et humains, contribuant au lien, (et) des informations détaillées sur la qualité ou les caractéristi­ques du produit découlant essentiellement ou exclusivement du milieu géographique, (ainsi qu’) une description de l’interaction causale entre les (deux) éléments visés (ci-dessus).

(…) Pour une indication géographique, le cahier des charges contient : (…) des informations détaillées sur la zone géographique contri­buant au lien, (et) des informations détaillées sur la qualité, la réputation ou d’autres caractéristiques spécifiques du produit découlant de son origine géographique, (ainsi qu’) une description de l’interaction causale entre les (deux) éléments visés (ci-dessus).

(En outre pour) une indication géographique, le cahier des charges pré­cise si l’indication se fonde sur une qualité ou une réputation spé­cifique ou sur d’autres caractéristiques liées à l’origine géographique ».

Nouvelle question : qu’est-ce qu’un vin sans indication géographique, en l’occurrence un vin de France ?

En quelque sorte, en forçant le trait, ce n’est… rien, dès lors qu’il n’est pas défini légalement. La définition en est “négative”, en creux : un vin de France, c’est donc en réalité tout le reste, tout ce qui n’est pas vin avec indication géographique…

Voici quelques données en million d’hectolitres pour la production des années 2014-2015 (8) :

  • A.O.P. : 22.8,
  • I.G.P. : 13.0,
  • V.S.I.G. : 2.2.

Le (dé)classement d’un vin comme étant sans indication géographique peut s’expliquer de deux manières :

  • soit il ne répond pas aux caractéristiques analytiques techniques et/ou organoleptiques du cahier des charges d’un vin avec appellation géographique,
  • soit il répond aux dites caractéristiques, mais le vigneron souhaite que sa production soit répertoriée comme vin de France.

Dans ce dernier cas, les raisons sont multiples, mais il serait ici fastidieux et inutile de les énumérer ici.

Philippe Delmée, ancien professeur de mathématique, s’installe comme vigneron à Faveraye-Machelles … progressivement, puis définitivement … directement en viticulture biologique (9).

A mettre dans cette optique à son crédit sa participation à la création de l’association « En Joue Connection », association de vignerons angevins (10).

La cuvée « La Grosse Nadine » est un vin de France 100 % chenin issu du terroir des Coteaux de Layon.

Elle n’a été produite qu’en 2010, 2011 et 2015.

Philippe Delmée réalise cette cuvée avec pour seule motivation son plaisir car la prise de risque de sa réalisation implique une possible non-rentabilité.

C’est le millésime 2011 (11) qui nous retiendra.

Liquoreux, il l’est incontestablement : les raisins ont été vendangés en novembre, avec un peu de botrytis mais surtout beaucoup de passerillage, ce qui confère de l’acidité à ce vin, acidité « soutenant » les quelques 360 grammes de sucres résiduels.

La vinification en a été assurée de manière inusuelle, en quelque sorte dans le désordre : un an de cuve puis un an de barrique de 220 litres, sans ouillage. Le vin ne s’est néanmoins pas oxydé.

A la mise en bouteille : ni filtration, ni ajout de SO2.

La robe épaisse mais peu soutenue évoque le caramel, la rouille.

Le nez développe des nuances de blague à tabac, de sucre brun, cassonade, de raisin de Corinthe.

Le palais est dense, sur un raisin très mûr (forcément) avec une longue acidulité évoquant la groseille. A savourer à petites lampées, d’autant plus que le vin supporte allégrement plusieurs jours d’ouverture.

« La Grosse Nadine » s’accorde parfaitement avec la fraise déclinée sous bien des formes : nature, avec chantilly et/ou glace vanille, en tartelette, yaourt ou mousse, ou encore nappée de chocolat.

Oubliez la en cave pour mieux la redécouvrir au fil des ans.


  1. Soit les communes d’Aubigné-sur-Layon, Beaulieu-sur-Layon, Brigné, Chalonnes-sur-Loire, Champ-sur-Layon, Chanzeaux, Chaudefonds-sur-Layon, Chavagnes, Cléré-sur-Layon, Concourson-sur-Layon, Faveraye-Mâchelles, Faye-d’Anjou, La Fosse-de-Tigné, La Jumellière, Martigné-Briand, Nueil-sur-Layon, Passavant-sur-Layon, Rablay-sur-Layon, Rochefort-sur-Loire, Saint-Aubin-de-Luigné, Saint-Lambert-du-Lattay, Saint-Georges-sur-Layon, Tancoigné, Thouarcé, Tigné, Trémont, Les Verchers-sur-Layon.

  2. Encore appelé pineau de Loire.

  3. On fait ici l’impasse sur les A.O.P Coteaux du Layon avec une des six dénominations géographiques communales avec ou sans la mention complémentaire « sélection de grains nobles », ou encore la dénomination géographique communale « premier cru » Chaume.

  4. Considérant n° 27 du règlement (C.E.) n°479/2008 portant organisation commune du marché vitivinicole.

  5. Les critères de distinction sont en réalité plus nombreux : voir l’article 34.1 du règlement (C.E.) n°479/2008.

  6. Considérant n° 7 du règlement (C.E.) n° 6072009 de la Commission du 14 juillet 2009 fixant certaines modalités d’application du règlement (C.E.) n° 4792008 du Conseil en ce qui concerne les appellations d’origine protégées et les indications géographiques protégées, les mentions traditionnelles, l’étiquetage et la présentation de certains produits du secteur vitivinicole.

  7. Article 7 du règlement (C.E.) n° 6072009.

  8. Source : http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/memo15viticult.pdf

  9. Il est associé depuis octobre 2015 avec Aurélien Martin sous la G.A.E.C. « les Goélands ».

  10. http://www.enjoueconnection.fr : « Le collectif de vignerons ‘En Joue Connection’ s’est créé en 2011, suite à une vague d’installations de jeunes passionnés en Anjou. Ces hommes et ces femmes partageaient une valeur commune : le respect du vivant. Aussi, tous les adhérents de l’association s’engagent-ils à respecter les principes de l’agriculture biologique ».

  11. Bouteille de 50 cl. Taux d’alcool de 6 %. Millésime à décrypter sur l’étiquette via la mention « Lot GN 11 ».


Fiches Vin présentes dans la base de CavusVinifera